L'Association a pour objet de structurer la recherche liée, d'une manière ou d'une autre, à la théorie mimétique issue des travaux de René Girard - membre de l'Académie française - et d'organiser sa diffusion en langue française
Ce blog aura pour objet de rendre compte de recherches sur la théorie mimétique "appliquée" au monde de l'éducation, de la communication, verbale et non-verbale.
Montrer comment la compréhension du désir mimétique a pu aider à gérer un centre pour des jeunes en grande difficulté, en grande souffrance.
Comment l'Aïkido, par exemple, en tant qu'art martial, en tant que communication non-verbale, permet de développer une autre perspective sur l'hypothèse mimétique.
Enfin, il s'agira de s'inscrire dans une vision humaniste de la théorie girardienne.
Un premier texte publié dans la Revue
Daruma, Revue d’études japonaises, Spécial
Arts martiaux, Université de Toulouse-Le Mirail, section
japonais, Éditions Philippe Picquier.
Présentation de l'auteur:
Daniel LANCE est docteur es Lettres, docteur en Sciences de l'Information et de la Communication, spécialité philosophie, spécialiste des auteurs du XXème siècle et plus particulièrement de Jean Genet,
auteur à qui il a consacré sa première thèse. Chercheur, invité aux Etats-Unis, à l'Université de Stanford en Californie, il travaille sur les questions de désir, de violence et de littérature (Jean Genet, Tennessee Williams, Paul Claudel, Guy de Maupassant, Jean-Jacques Rousseau, etc.) à partir des théories de René Girard; ses travaux ont leur continuité en philosophie de la communication, avec le philosophe Francis Jacques, sur les limites de la communication et la communication aux limites (titre de la seconde thèse: et l'étude des types de textes. Il a enseigné la littérature, la philosophie, l'Aïkido en milieu carcéral et dans des structures pour jeunes "en difficulté"... La structure O.A.S.I.S. Il enseigne dans diverses universités (cours sur Genet et les arts Rembrandt, Giacometti, sur Tennessee Williams, du texte à l'image et en master sur Tanger des couleurs de l'autre aux mots de l'autre : entre désir mimétique et philosophie de la communication...). Professeur d'Aïkido, 4ème dan, BEES, Il est aussi de formateur et conseiller d'entreprises, d'institutions sur les questions de communication, de violence et d'éthique.
1) Posté par Hominide le 31/1/2009 - 18h06 (répondre)
Bonjour M. Lance,
La question que je souhaite vous poser pour inaugurer ce blog est la suivante :
Comment pensez-vous qu'on puisse interpréter les observations éthologiques rendant compte de stratégies non verbales de résolution des conflits chez les primates ? Je fais référence à l'ouvrage de Frans de Waal "De la réconciliation chez les primates" où les données fournies par l'observation de cinq espèces (chimpanzé, macaque, rhésus, bonobo et homme) sont rassemblées.
Pensez-vous qu'il soit possible de remonter en-deçà de la "Culture" pour trouver les bases de la pratique de l'Aïkido dans la nature biologique du sentiment d'empathie ?
2) Posté par Daniel Lance le 24/2/2009 - 19h26 (répondre)
Merci cher Monsieur de votre commentaire,
Les "applications" de la théorie mimétique sont multiples mais ce qu'il y a de commun entre éthologie , la résolution des conflits chez les primates et la résolution des conflits via la communication non-verbale a des liens évidents. Je vais me pencher sur le livre de François de Waal pour vous répondre plus précisément.
Tout est culture, donc il ne semblerait pas qu'il puisse exister un en-deçà de la culture, mais toute une sorte de fondation de la communication non verbale. Ce qui est intéressant dans l'aïkido, par exemple, est cette vision de la non-violence efficace et du dépassement de la violence mimétique. ce qui me paraît intéressant est l'absence d'humiliation, cette notion, un peu galvaudée, de gagnant gagnant. C'était un des aspects de mon travail avec un centre pour des adolescents en rupture sociale et scolaire.
3) Posté par Hominide le 25/2/2009 - 23h11 (répondre)
Merci M. Lance pour votre réponse.
Ce que m'a révélé la lecture de De Waal, c'est qu'au sein même de la vie sociale des grands singes existent, parallèlement à d'intenses luttes pour le pouvoir, de subtils mécanismes d'empathie et de collaboration. Un de ses ouvrages plus récents s'intitulent d'ailleurs "Le bon singe : les bases naturelles de la morale".
Sur ce même thème de l'importance de la coopération au sein du monde naturel et social, le biologiste Jean-Marie Pelt vient de publier "La raison du plus faible"... titre pour le moins évocateur pour un amateur de lectures mimétiques.
Dans le champ de l'exploration neuroscientifique de la "bonne" mimesis, vient de paraître "Cultiver l'intelligence relationnelle" de Daniel Goleman ou il expose les dernières découvertes sur le "cerveau social" et le rôle des émotions. Dans une optique plus pratique on peut citer enfin les travaux sur la "communication non violente" de Marshall B. Rosenberg.
Je pense que ce que votre expérience éducative et votre blog inaugurent, c'est une articulation du courant de la "psychologie humaniste" et de la "théorie mimétique" dans ce qu'il conviendra d'appeler sans doute un jour le courant du "développement interpersonnel".
4) Posté par Emissaire le 14/9/2009 - 22h53 (répondre)
Bonjour M. Lance,
Je viens de prendre connaissance d'une conversation avec René Girard dans le dernier livre de Jacques Attali "Le sens des choses". Cela m'a donné envie de me pencher sur l'expression "bouc émissaire" dans le contexte des religions archaïques. Un émissaire, c'est une "personne chargée d'une mission plus ou moins secrète et que l'on dépêche auprès de quelqu'un". Le bouc, lui, renvoie au rituel consistant à sacrifier un animal. Un bouc émissaire, c'est donc une "personne sacrifiée en vue d'être dépêcher auprès de quelqu'un". Il semble donc exister trois termes dans le processus : l'expéditeur (la communauté en crise), l'émissaire (l'innocent sacrifié), le destinataire (la ou les forces surnaturelles suscpetibles, dans l'esprit de la communauté d'intervenir).
Ma question est la suivante : poser que lors du mécanisme de bouc émissaire, "la victime est alors perçue comme responsable de tout", n'est-ce pas faire l'impasse sur un des trois termes du processus : le "destinataire", c'est-à-dire la croyance préalable en une ou des forces surnaturelles ?
5) Posté par Emissaire le 9/10/2009 - 22h28 (répondre)
Puisque la réponse, scientifique, ne vient pas, je m'y "colle".
Dire que "la victime est perçue comme responsable de tout" suppose, chez les membres de la communauté, l'existence d'une capacité biologique aux représentations mentales.
Par quel miracle un lynchage collectif pourrait-il actualiser cette capacité de représentations mentales collectives ? La raison en est simple : les meurtres "politiques" ont existé depuis la nuit des temps et jamais aucun n'a fait naitre une représentation mentale. Bien au contraire : seule une représentation mentale peut justifier un acte de violence ! Le bon ordre est donc : capacité de représentations mentales -> croyances -> base morale à la violence.
L'hypothèse girardienne du meurtre fondateur n'est ni plus ni moins que l'équivalent inversé du "cogito" de Descartes. Là ou l'un excluait le rapport mimétique, l'autre exclue la capacité de projection mentale.
6) Posté par Opus le 28/10/2009 - 18h21 (répondre)
En réponse à 5) Emissaire
Pour « Emissaire », une piste, peut être, pour la réponse, qui ne vient pas, à sa question.
Un lynchage collectif n’actualise pas une « capacité ». Ce lynchage fondateur fonde le concept par lequel le collectif est parvenu à se réconcilier, et donc à « soigner » la crise antérieur. Cette catharsis primitive serait donc à l’origine des premiers rites culturels (sacrificiels), premier concept d’un ordre social.
7) Posté par Opus le 28/10/2009 - 18h22 (répondre)
En réponse à 5) Emissaire
Pour « Emissaire », une piste, peut être, pour la réponse, qui ne vient pas, à sa question.
Un lynchage collectif n’actualise pas une « capacité ». Ce lynchage fondateur fonde le concept par lequel le collectif est parvenu à se réconcilier, et donc à « soigner » la crise antérieur. Cette catharsis primitive serait donc à l’origine des premiers rites culturels (sacrificiels), premier concept d’un ordre social.
8) Posté par Opus le 28/10/2009 - 18h25 (répondre)
En réponse à 5) Emissaire
Bonjour,
J'aurais quelques questions d’ordre logistique.
Comment est il possible de se procurer, « l'enfer des choses » de Paul Dumouchel et Jean-Pierre Dupuy ?
« La violence et le politique » de Paul Dumouchel et « Sacrifice » de René Girard ?
Merci d'avance.
9) Posté par Emissaire le 29/10/2009 - 22h11 (répondre)
En réponse à 6) Opus
Merci pour votre commentaire.
Vous dites "Ce lynchage fonde le concept...". Ne devrait-on pas distinguer ici un évènement (le lynchage) et une représentation mentale (le concept) et affirmer que seule une représentation mentale peut transformer un "évènement" en "concept" ? Ce serait donc bien une représentation mentale (collective) qui donnerait un sens à l'évènement. A partir de là tout le raisonnement bascule : quels sont les montages neurophysiologiques des représentations mentales ? Comment naissent-elles ? Comment se communiquent-elles ? L'hypothèse du meurtre fondateur ne nie-t-elle pas finalement le fait que les "idées" sont à la fois premières et mimétiques par la médiation du langage ? Pourquoi vouloir trouver une origine autre que biologique à ces phénomènes ? Plutôt que focaliser son attention sur d'improbables traces de meutre "fondateur", n'est-il pas plus prometteur d'explorer la notion de "prophéties autoréalisatrices" ?
10) Posté par Emissaire le 30/10/2009 - 0h34 (répondre)
En réponse à 6) Opus
Dernières questions :
Ne serait-il finalement pas plus approprié de parler de lynchage "restaurateur" (d'ordre s'entend) ?
L'avenir de la théorie mimétique ne réside-t-il pas dans l'articulation de la psychologie interdividuelle (au sens ou elle décrit les métamorphoses du désir mimétique) avec la notion de prophéties autoréalisatrices (au sens de "points de vue autoréalisateurs" sur la nature du rapport à autrui) afin de relire l'ensemble de la philosophie politique et proposer ainsi une théorie générale de la réalité sociale ? J'ai commencé un travail dans ce sens en tentant d'articuler la psychologie humaniste, la psychologie interdividuelle, le concept de prophéties autoréalisatrices, l'anthropologie du don. Si cela vous intéresse je peux vous en faire parvenir l'ébauche (projet.maslow-girard@orange.fr).
11) Posté par Sophie le 7/3/2010 - 18h28 (répondre)
Bonjour à tous,
Il y a quelques temps, monsieur Dupuy a dit, au sujet du premier chapitre de "Je vois satan tomber comme l'éclair", que Girard aurait dû se rapprocher d'un spécialiste de la langue hébraïque avant de s'exprimer. Autrement dit, Girard aurait commis une erreur de traduction.
Jean-Pierre Dupuy faisait peut-être allusion à un article d'un blog qui traitait de cette erreur de traduction commise par Girard.
Hélas, je n'ai pas retrouvé cet article.
L'un d'entre vous a t-il conservé cet article internet ou se souvient-il de l'erreur commise par Girard ?
Merci.
Cordialement.
12) Posté par Sophie le 7/3/2010 - 18h28 (répondre)
Bonjour à tous,
Il y a quelques temps, monsieur Dupuy a dit, au sujet du premier chapitre de "Je vois satan tomber comme l'éclair", que Girard aurait dû se rapprocher d'un spécialiste de la langue hébraïque avant de s'exprimer. Autrement dit, Girard aurait commis une erreur de traduction.
Jean-Pierre Dupuy faisait peut-être allusion à un article d'un blog qui traitait de cette erreur de traduction commise par Girard.
Hélas, je n'ai pas retrouvé cet article.
L'un d'entre vous a t-il conservé cet article internet ou se souvient-il de l'erreur commise par Girard ?
Merci.
Cordialement.